L’importance des parents dans le suivi des enfants

Avec qui travaille-t-on dans les thérapies d’enfant ? Les psychologues utilisent beaucoup la notion d’alliance dans la thérapies. Pour le dire simplement, il s’agit de savoir avec qui et comment on se met d’accord quant aux buts et aux moyens de la thérapie.

Dans les thérapies d’enfants, il est important que le psychologue sache avec qui il construit l’alliance thérapeutique. Dans une thérapie d’adulte, c’est entre le thérapeute et le patient que l’alliance doit se former peu à peu. Il s’agit alors d’une relation à deux et, pour le thérapeute, les personnes évoquées par le patient n’existent, dans la grande majorité des cas, qu’à travers son discours. Si l’on se contente de calquer le modèle de la thérapie d’adulte, c’est avec le patient uniquement, c’est-à-dire l’enfant, qu’il convient de sceller un pacte. Une telle position est tout à fait défendable, mais elle présente un certain nombre de difficultés. En effet, si le psychologue ne prend pas le temps de réfléchir à ce qui ne va pas, non seulement avec l’enfant, mais aussi avec ses parents, ils risquent de vivre la thérapie comme quelque chose de lointain, confus, comme si cela ne les concernait pas.

 

Prenons un exemple imaginaire. Imaginons que dans une famille, le père ou la mère soit très angoissé (e). Cette angoisse a sans doute une histoire. Peut-être qu’il-elle a des difficultés à son travail ou avec sa famille, peut-être qu’il est angoissé depuis qu’il est enfant ? Toujours est-il que cette angoisse imprègne son fonctionnement dans la vie quotidienne même s’il essaye de protéger ses enfants de ses inquiétudes et de ses craintes. Parfois cette inquiétude ne va pas déranger ses enfants qui arriveront à s’en protéger et cela n’aura aucune incidence. Mais parfois, surtout si celui-ci à des difficultés à l’école par exemple, cette angoisse est ressentie par l’enfant et va entrer en résonance avec ses propres failles. Il peut arriver que l’enfant manifeste alors son mal-être à travers une série de symptômes : il ne joue plus avec les autres enfants, il est agité en classe ou bien encore il n’arrive pas à entrer dans l’apprentissage de la lecture alors qu’il ne présente pas de déficit intellectuel. L’école alerte alors les parents et leur conseille de consulter. Ce conseil peut parfois prendre la forme d’une exigence : « il ne passera en CE1 que s’il consulte, car il est beaucoup trop turbulent en classe. Il a déjà redoublé son CP et la question de son maintien dans un parcours scolaire classique se pose… » Devant un discours si inquiétant, les parents n’ont plus le choix, ils doivent consulter. Et l’on peut deviner qu’ils arriveront chez le psychologue avec une crainte mêlée d’inquiétude. Pour le moment, ils ne consultent pas tant parce qu’ils souhaitent que quelque chose change, mais parce que la maîtresse l’a demandé. Peut-être sont-ils également culpabilisés à l’idée que leurs problèmes pourraient être la « cause » des difficultés de leur enfant.

La réalité est toujours plus complexe que ce schéma quelque peu général, toutefois il nous éclaire sur ce qui, dans le symptôme de l’enfant, témoigne d’une souffrance qui n’est pas uniquement la sienne. Si un enfant souffre, sa souffrance risque de déstabiliser toute la famille et réciproquement, si une famille est confrontée à des difficultés, l’enfant pourrait avoir tendance à être plus soucieux, angoissé etc. Il faut donc, pour le thérapeute, aider l’enfant face à un symptôme qui concerne aussi ses parents. En permettant à l’enfant d’exprimer ses difficultés, on soulève également une part du voile qui couvre, parfois, une souffrance de toute la famille.

L’importance des parents dans le suivi des enfants
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