Qu’est-ce qu’une psychothérapie

Qu’est-ce que la psychothérapie ?

Comme nous allons le voir dans cet article, la psychothérapie peut se définir comme un traitement qui s’opère par le moyen de procédés psychologiques.

Elle exerce son action dans le cadre de la relation établie entre le patient et une personne, appelée psychothérapeute, qui a une fonction psychothérapique.

La psychothérapie se donne comme objet les conflits qui s’expriment dans la vie intérieure du patient ou dans ses rapports avec l’environnement.

Elle implique dans son action un processus de changement dont le terme final n’est que partiellement prévisible.

portrait de Freud avec un cigare

Psychothérapie : une définition culturelle

Il convient de distinguer, dans la psychothérapie, les différents moyens psychologiques utilisés pour exercer cet art. Ces moyens, fort nombreux, représentent autant de facettes de l’esprit humain et répondent à des conceptions tout aussi nombreuses de la maladie et de la souffrance.

Or, chaque société sélectionne, parmi d’innombrables modalités psychothérapiques, celles qui lui correspondent le mieux. Ce choix est donc le reflet des relations interhumaines dans le groupe concerné. Il reflète aussi les représentations qu’ont les membres de ce groupe de leur fonctionnement psychique.

Les psychothérapies s’initient et se développent dans un espace ouvert, en continuité avec l’espace social.

On peut en déduire deux conséquences :

  • d’abord, elles ont une histoire, s’inscrivent dans cette histoire et se doivent donc de connaître leurs antécédents.

  • Ensuite, elles obligent ceux qui les pratiquent à un questionnement éthique : s’adressant à des individus, le psychothérapeute se trouve à l’articulation de l’intime et du collectif, du sujet et de la société, dont les intérêts et les projets ne concordent pas toujours.

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Entre 300 et 400 psychothérapies différentes

Dans notre société moderne, caractérisée par l’abondance des techniques et le libre choix, on recense de 300 à 400 formes de psychothérapie (Hernink, 1980 ; Kinn, 1982). II y aurait ainsi de quoi satisfaire toutes les formes de demandes.

Si certaines méthodes se réclament de l’idéal scientifique et demandent mesures et évaluations, d’autres s’éloignent délibérément de cet idéal et se réfèrent à une vision humaniste bien différente.

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Définition et classification des psychothérapies

On pourrait définir ce qu’est la psychothérapie en fonction de quatre éléments : ses moyens, son objet, sa fonction et ses buts.

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Les moyens de la psychothérapie

Nous avons déjà vu que les psychothérapies sont des traitements qui s’effectuent par des moyens psychologiques. Ces moyens s’intègrent dans des techniques spécifiques qui permettent une classification des psychothérapies.

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L’objet de la psychothérapie

Si la psychothérapie soigne par l’esprit, quel est son objet ? Widlocher (1980, p. 747) fait remarquer fort justement que la psychothérapie peut être définie par sa technique mais pas par son objet. En effet, le schéma intuitif, qui supposerait que, comme la physiothérapie s’adresse aux troubles physiques, la psychothérapie s’adresse à des troubles psychologiques ou psychogénétiques, est faux puisque certaines psychothérapies ont montré leur efficacité dans certains troubles physiques et qu’à l’inverse, leurs résultats dans certains troubles psychiques sont loin d’être probants.

Les grandes théories auxquelles se rattachent les principales techniques actuelles ont toutes tendance à se focaliser sur la notion de conflit, que le conflit soit situé dans le psychisme ou qu’il soit dans la relation de la personne avec les autres.

Le conflit serait, peut-être, l’objet de la psychothérapie.

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La fonction de la psychothérapie

Le troisième élément clé de la définition d’une psychothérapie, c’est qu’elle s’accomplit toujours dans le cadre d’une relation interhumaine.

La fonction psychothérapique est exercée, dans notre culture, par des professionnels ayant reçu une formation spécifique et que l’on appelle des psychothérapeutes. Comme pour la sorcellerie, le chamanisme et la magie, on sait qu’une des conditions pour que ces pratiques soient opérantes tient à l’acceptation explicite ou implicite que le pouvoir thérapeutique passe par celui qui est désigné comme tel par le groupe social.

Ce thérapeute, guérisseur ou chamane n’a pas le pouvoir, le pouvoir passe par lui ; il est une porte

d’entrée, une voie de passage des forces agissantes.

II est probable qu’une technique comme l’hypnose a porté à son apogée la confiscation du pouvoir psychothérapique par le psychothérapeute. La psychanalyse représente une tentative de comprendre comment circule le pouvoir thérapeutique ; c’est ce questionnement qui a amené Freud à élaborer la notion de transfert.

On rappellera cette formule percutante du psychanalyste Octave Mannoni (1980, pp. 49-50) : « On élimine le diable, restent les convulsionnaires. On élimine les reliques, restent les « magnétisés » de Mesmer. On élimine le baquet, on a l’hypnose et le « rapport ». On élimine l’hypnose, il reste le transfert. »

Cette question de la localisation du pouvoir thérapeutique a donné lieu à une différenciation entre psychothérapies directives et non directives : on assiste plutôt aujourd’hui à un retour aux psychothérapies directives. Les thérapies de type cognitif et les pratiques « humanistes », qui sollicitent une participation active du patient, interrogent le fait que toute personne pense détenir, elle-même, le pouvoir de se guérir. Les thérapies de groupe mettent en évidence la circulation du pouvoir thérapeutique entre les différentes personnes.

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Les buts de la psychothérapie

Toute psychothérapie, qu’elle se réclame d’une demande thérapeutique de type médical ou qu’elle ait comme souci l’épanouissement de la personne, implique, par définition, un processus de changement.

Nous pouvons donc poser, comme plus petit dénominateur commun aux différentes techniques, que la notion de conflit serait l’objet de la thérapie et le changement en serait le but.

Mais s’il y a changement, il y a évolution vers un nouvel équilibre. Quel sera-t-il ? Existe-t-il des éléments prédictifs qui permettraient de répondre aux questions que les patients posent fréquemment à ce propos ? On peut dire que, dans certains cas, certaines prédictions sont possibles mais partielles et que toute psychothérapie présente pour le patient et le thérapeute qui s’y engagent, un aspect imprévisible, lié aux ressorts mêmes du processus de changement.

La psychothérapie est donc un traitement qui s’opère par le moyen de procédés psychologiques. Elle exerce son action dans le cadre de la relation établie entre le patient et une personne, appelée psychothérapeute, qui a une fonction psychothérapique.

La psychothérapie se donne comme objet les conflits qui s’expriment dans la vie intérieure du patient ou dans ses rapports avec l’environnement. Elle implique dans son action un processus de changement dont le terme final n’est que partiellement prévisible.

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D’où vient le mot « psychothérapie » ?

Depuis toujours l’homme a utilisé les « pouvoirs de l’esprit » pour des entreprises diverses et a inventé des techniques de psychothérapie, sans nécessairement les nommer comme telles, en utilisant des procédés psychologiques connus à des fins thérapeutiques. Toutefois le mot  « psychothérapie » apparaît au XIXe siècle.

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Une invention d’un « hypnologue » du XIXe siècle

Le terme même de « psychothérapie » aurait un siècle. On le devrait à H. Bernheim, le leader de l’école hypnologique de Nancy qui publia, en 1891, un ouvrage intitulé Hypnotisme, suggestion, psychothérapie.

Selon Marcel Gaucher et Gladys Swain (1986, pp. 19-40), il y eut un engouement important pour les méthodes de psychothérapie au siècle dernier, qui se poursuivit jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. C’est la psychanalyse qui occupa par la suite le devant de la scène. Puis, à partir de 1945, de nouvelles méthodes psychothérapiques virent le jour, venant plutôt des États-Unis que d’Europe.

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Psychothérapie des origines et « traitement moral »

Le terme de psychothérapie semble avoir été également employé, d’une part par le courant de pensée médico-psychologique qui a pris naissance aux États-Unis, l’influence psychologique étant alors étroitement confondue avec l’influence morale et religieuse ; d’autre part, en France, chez les aliénistes qui, dès le début du XIXeme siècle, furent des précurseurs de l’utilisation des techniques psychothérapeutiques : par exemple, ils eurent l’idée d’utiliser le « reste de raison » qui subsiste chez leurs patients pour combattre la « déraison

C’est ce que F. Leuret appela le « traitement moral » (cf.F. Leuret, Du traitement moral de la folie, Paris, J.-B. Baillère éd., 1840).

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Histoire des psychothérapies

Hypnose et traitement moral

L’hypnose alla au-delà de ces deux courants de l’approche médico-psychologique et du traitement moral. Cette méthode, très précise dans ses procédés mais aussi dans ses indications et dans son mode d’action, fut le précurseur des psychothérapies modernes.

Hypnose et traitement moral allaient s’opposer sur le rôle joué par le médecin dans la thérapeutique. De l’hypnose se dégage la notion de psychothérapie de suggestion alors que les successeurs d’ Antoine Pinel et de Leuret, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, mettent plutôt l’accent sur la persuasion.

En simplifiant à outrance, on pourrait dire que la voie de la suggestion mène à l’inconscient et ouvre à la psychanalyse, alors que la voie de la persuasion conduit à la conscience et amorce les thérapies cognitives.

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Le rôle essentiel de la psychanalyse

Freud allait substituer à l’hypnose la méthode de l’association libre des idées et inventer la psychanalyse. La psychanalyse est la première méthode psychothérapeutique pour laquelle théorie et technique sont sans cesse confrontées l’une à l’autre.

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Multiplication des pratiques thérapeutiques

Si l’on prend en compte la multiplication récente, à partir de 1945, des méthodes en psychothérapie, celles-ci ont pour origine :

  • soit des sources analytiques, la psychanalyse ayant influencé une large partie du domaine de la psychothérapie depuis un siècle ;

  • soit des sources pré-analytiques : on retrouve, par exemple, des résurgences du traitement moral dans certains aspects des psychothérapies de soutien et des psychothérapies cognitives

  • soit des sources post-analytiques : par exemple les thérapies comportementales issues des travaux de psychologie expérimentale.

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