burn-out maternel

La notion de burn-out n’est pas strictement réservée à la sphère professionnelle et les parents eux-aussi peuvent être touchés par ce mal du siècle. En effet, ils sont de plus en plus nombreux à consulter pour dépression parentale. Débordés par leur difficultés à donner un cadre à leurs enfants ou par l’accumulation des tâches de la vie quotidienne, ils se dépriment peu à peu ou rêvent de fuir le plus loin possible.

Les parents en état de burn-out parental expriment souvent leur chagrin et leur déception devant l’évolution de leur vie familiale, comme si l’amour qu’ils avaient apporté à leur enfant, ne suffisait plus pour éviter leurs débordements et leurs comportements hostiles. De telles dépressions parentales sont liées à la sensation de perte d’un enfant qu’ils croyaient connaître et dont ils ont le sentiment qu’il leur échappe peu à peu.

burn-out: une mère déprimée

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Définition

Pour Violaine Guéritault, spécialiste du burn out parental et auteur de la fatigue émotionnelle et physique des mères:

« le burn-out désigne un état psychologique, émotionnel et physiologique résultant de l’accumulation de facteurs de stress variés, caractérisés par une intensité modérée et un aspect chronique et répétitif. Il trouve ses racines dans le temps. Le burn-out est comme une sorte d’aboutissement, de conséquence de réactions au stress quotidien qui finissent par user et épuiser l’individu. »

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Prévalence

Si ce phénomène est encore peu médiatisé, il concernerait de nombreux parents. Ainsi, selon Moïra Mikolajczak, auteur du livre Le burn-out parental, l’éviter et s’en sortir, 5 % des parents souffrent de burn-out parental et 8 % sont des sujets à risques élevés, c’est-à-dire qu’ils sont fortement susceptibles de basculer dans un état d’épuisement avancé. D’après une étude réalisée en 2013 par le site Maman travaille, 63 % des mères qui ont une activité professionnelle sont épuisées et 19 % prennent au moins une fois par semaine des médicaments, vitamines ou calmants. Ces chiffres, s’ils ne constituent pas des statistiques officielles, témoignent néanmoins d’un malaise générationnel.

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Les 3 phases du burn-out maternel

On distingue classiquement trois étapes du burn-out parental :

      • 1ère étape : l’épuisement émotionnel

La première phase correspond à ce que l’on appelle l’épuisement émotionnel. Chaque individu dispose d’un réservoir d’énergie physique et psychologique. La tâches domestiques et les responsabilités liées à la vie quotidienne des parents (le plus souvent des mères) usent petit à petit ce capital énergétique. Le parent va alors se sentir vidé de ses ressources. Il craque, devient irritable épuisé ou déprimé. Le matin, le simple fait de penser à tout ce qui l’attend dans la journée lui donne la sensation de couler d’entrée de jeu.

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      • 2ème étape : mise en place progressive d’une distance

La deuxième phase du burn-out correspond à une phase de détachement. Comme l’écrit Stéphanie Allénou, dans son livre témoignage Mère épuisée ,« petit à petit, je sens que, de plus en plus, les choses glissent sur moi. Certains réflexes tendent à disparaitre. Je suis parfois comme indifférente à ce qui peut arriver à mes enfants. ». L’auteure décrit bien le détachement émotionnel vis à vis de ses enfants, des autres. Pour se protéger et économiser le peu d’énergie restante, la mère met en place des mécanismes de défense. Elle continue d’accomplir mécaniquement les tâches du quotidien, mais s’en détache émotionnellement afin de ne plus ressentir le sentiment d’être submergée, de ne pas y arriver. Les mères parlent alors de leur impression d’être très loin de leurs enfants, de leur mari et de quotidien.

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      • 3ème étape : le reniement

Dernière phase du burn-out, elle est certainement la plus préoccupante. Le parent prend conscience du fossé qui se creuse entre l’idée qu’il se faisait de la parentalité et la réalité de son quotidien assombri par une hypersensibilité à tout ce qui ne fonctionne pas. Pour les mères, « tous les rêves de super maman s’effondrent, souligne Violaine Guéritault. Elles se sentent en situation d’échec personnel. »  De nombreux symptômes témoignent de ce mal être : perte de confiance, repli sur soi, crises de colère récurrentes pouvant aboutir à des comportements agressifs envers les enfants.

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Les personnes les plus vulnérables

Pour Violaine Guéritault,

« bien que toutes les mères soient susceptibles de faire l’expérience du burn out maternel, certaines mères sont plus vulnérables que d’autres :
1/ Les mamans solos : elles sont en tête de liste, car elles sont seules pour tout assumer. Elles n’ont jamais aucun répit et se retrouvent seules à gérer le quotidien quels que soient les problèmes qu’elles rencontrent. Les soucis financiers sont très souvent un énorme problème qui vient rajouter au stress quotidien.

2/ Les mères qui ont peu de soutien social : même si elles ne sont pas mamans solos, les mères qui bénéficient de peu de soutien social sont très isolées et n’ont que très peu d’opportunités de recharger leurs batteries ou même de se faire aider au quotidien. »

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Les symptômes du burn-out parental

Même si les causes sont très différentes, les symptômes du burn-out sont sensiblement similaires à ceux du burn-out professionnel. On relève classiquement :

  • sentiment d’épuisement
  • troubles du sommeil
  • plaintes somatiques (maux de tête, maux de ventre, douleurs dorsales)
  • pessimisme, difficulté à envisager l’avenir
  • mauvaise image de soi
  • colère, irritabilité
  • repli sur soi
  • addictions (drogues, alcool).

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Les conséquences du burn-out parental

Les conséquences du burn-out parental ne sont pas à prendre à la légère et sont nombreuses. Le burn-out parental peut entraîner :

-Des troubles physiologiques :maux de tête, nausées, vertiges, troubles du sommeil

-Des symptômes cognitifs et émotionnels : sentiment d’impuissance,hypersensibilité, pessimisme, dépression

Des troubles du comportement :repli sur soi, irritabilité, colère, violence.

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Une émission sur le burn-out parental

Qu’est ce que le Burn-out parental? Comment l’éviter et s’en sortir ? La psychologue Moïra Mikolajczak répond aux questions des journalistes et des spectateurs de La Maison des maternelles.

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Consulter sur Paris

Si vous pensez souffrir de burn-out parental il peut être important de demander conseil à un professionnel.

Si vous habitez à Paris, Montreuil ou en île de France, je peux vous recevoir (Paris XXe) que ce soit pour une consultation ou pour entamer un psychothérapie.

Si vous habitez hors de la région parisienne et que vous cherchez un un psychologue ou un psychiatre près de chez vous, il existe différents annuaires de psy, je vous conseille :

Pour trouver un psychologue : le site du syndicat national des psychologues.

Pour trouver un psychiatre : l’annuaire des psychiatres sur Ameli.

N’hésitez pas également à consulter notre dossier « comment choisir un psy ».