Les phobies chez l’enfant

La phobie chez l’enfant : définition

La phobie fait partie des troubles anxieux. C’est une peur irrationnelle, très excessive ou sans fondement. Elle se distingue de la peur dite « normale » qui est utile car elle sert de signal d’alerte face à un danger et nous permet de chercher à nous en protéger.

Quand la peur devient obsédante, qu’elle modifie significativement notre manière de vivre au quotidien ou qu’elle nous fait souffrir, on parle alors d’une peur phobique.

La phobie témoigne d’une forme d’anxiété qui, au lieu d’être diffuse, se concentre sur une situation ou un objet particulier contrairement à l’angoisse qui est une peur sans objet.

garçon phobique

Les principales phobies chez l’enfant

Classiquement, on distingue deux grandes périodes de phobies de l’enfant :

  1. Tout d’abord, les phobies qui ont lieu avant 3 ans. On parle alors de phobies archaïques. Il s’agit des angoisses les plus courantes. Citons, par exemple, la peur des visages inconnus ou la peur du noir. Dans ces situations, la présence rassurante de la mère permet souvent d’atténuer l’angoisse de l’enfant qui, n’ayant pas encore accès à la mentalisation (et notamment à la capacité de construire des scénarios rassurants), ne peut parvenir seul à se rassurer seul.

  2. Ensuite, les phobies qui apparaissent entre 3 et 7 ans. Les thèmes des phobies sont beaucoup plus nombreux . On retrouve par exemple la phobie des animaux (souris, loups, chiens, araignées), des éléments naturels comme les orages, des personnages effrayants ou aux traits marqués (peur des barbes, des hommes grands etc.), des personnages ayant trait à la mort (fantômes, vampires), de la solitude (peur du noir, peur de rester seul), des maladies ou encore de l’école (voir plus bas).

 

Symptômes

On définit la phobie par une série de symptômes qui doivent être présents depuis plus de 6 mois. On retrouve ainsi :

  1. une peur irraisonnée, intense et excessive de certaines situations, ou de la simple pensée de ces situations,
  2. une réaction d’anxiété immédiate lorsque l’enfant est confronté à la situation redoutée,
  3. l’enfant a conscience du caractère excessif et non justifié de sa peur,
  4. l’enfant évite systématiquement ces situations, ce qui peut entraîner des problèmes dans ses relations sociales, à la maison ou à l’école.

 

La phobie sociale

La phobie sociale est un trouble psychologique qui apparaît chez l’enfant à partir de l’âge de 3 ans (la maternelle fait alors souvent part de difficulté relationnelles avec les camarades) ou au plus tard à partir de l’âge scolaire. Elle est marquée par la difficulté de l’enfant à s’affirmer lorsqu’il est en public : difficultés à prendre la parole, difficulté à entrer en lien avec les enfants de son âge. La vie sociale, les activités extra-scolaires ou les temps de récréation risquent alors de devenir un enfer pour l’enfant qui souffre de ce trouble psychologique.

La phobie sociale ne doit pas être confondue avec la timidité. Si, chez la plupart des enfants, la timidité disparaît en grandissant et lorsqu’un lien de confiance peut s’établir, la phobie sociale peut durer tout une vie si rien n’est fait. Pour un enfant qui souffre de phobie sociale, la peur n’est pas quelque chose dont on peut se débarrasser une fois pour toute. L’objectif des parents ou du thérapeute ne peut donc pas être de supprimer totalement la peur de l’enfant mais plutôt de l’aider à avoir une prise sur son anxiété afin qu’il retrouve peu à peu confiance en lui.

La phobie scolaire

La phobies scolaire est assez fréquente et concerne 2% des enfants en âge d’aller à l’école. On la définit comme « le refus de se rendre à l’école ou de pénétrer dans la classe ». Ce refus est lié à une angoisse intense, qui peut s’exprimer à travers des symptômes somatiques (maux de tête, maux de ventre, sueurs) et parfois par une réaction de panique notamment si l’on tente de forcer l’enfant à aller à l’école.

Dans les phobies scolaires, l’enfant ne retrouve son calme qu’une fois certain de pouvoir rester à la maison (il peut d’ailleurs bien travailler à la maison, la phobie scolaire n’étant pas un refus du travail scolaire en soi). Dans ces situations, l’enfant ne peut être raisonné. Bien souvent, il promet d’aller à l’école le lendemain, mais la même scène revient tous les matins.

Il n’est pas rares que d’autres troubles soient associées à cette angoisse de l’école, on retrouve souvent d’autres phobies, des t.o.c., une angoisse de séparation ou parfois un état dépressif sous-jacent. Si rien n’est fait, on peut aboutir à une déscolarisation dont les effets peuvent vite devenir très préoccupants. La phobie scolaire constitue donc une urgence thérapeutique et il est important de consulter dès le début des difficultés.

Comprendre la phobie scolaire

 
 
Dans, ce article de Dominique Salomon publié dans Sud-Ouest, je présente les principales caractéristiques de la phobie scolaire. Je me permets de le retranscrire ici intégralement.
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La phobie scolaire: Que faire s’il a peur de l’école

Qu’un enfant n’ait pas toujours envie d’aller à l’école n’a rien de pathologique. Tant que ce comportement reste ponctuel et qu’aucune souffrance n’y est associée. « Les enfants souffrant de phobie scolaire sont très anxieux voire terrorisés à l’idée d’aller en classe », définit Vincent Joly, psychologue à Paris. « Pour éviter de devoir s’y rendre, ils mettent en place de nombreuses stratégies. » Par exemple, ils affirment avoir de la fièvre. Ils présentent en outre des manifestations somatiques, comme des maux de ventre, des nausées, des sueurs… S’ils sont malgré tout contraints à aller à l’école, ils réagissent par des pleurs, des cris, une grande agitation. Ce qui est la manifestation d’une souffrance incontrôlable.

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De quoi ont-ils peur ?

Les causes de la phobie scolaire sont diverses et peuvent se superposer. Une situation de harcèlement, d’échec scolaire, une anxiété de performance ou encore un événement traumatisant n’ayant rien à voir avec l’école… Et le contexte de la crise sanitaire constitue un facteur supplémentaire favorisant la survenue de ces troubles anxieux. « L’incohérence peut induire une perte de confiance de l’enfant envers l’école », explique Vincent Joly. En l’occurrence, par exemple, avant les vacances scolaires, le masque était déconseillé pour les enfants car on affirmait qu’ils étaient peu porteurs du virus. Désormais, il leur est imposé dès 6 ans.

 

Quelle que soit la cause à l’œuvre, la phobie scolaire n’est pas un caprice ou un simple passage à vide que l’enfant peut surmonter avec quelques efforts. Il a besoin d’aide pour s’en sortir.

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Comment repérer et prendre en charge ?

Un des signes marquants de cette phobie est la disparition des manifestations de l’anxiété lors des vacances et des week-ends. Et bien sûr leur réapparition à l’approche de la rentrée. Généralement l’enfant garde le goût des apprentissages scolaires malgré tout.

Il est important de consulter un psychologue en cas de suspicion de phobie scolaire, ou même de troubles anxieux associés à l’école. Mais aussi de s’adresser aux enseignants, afin d’échanger et de mettre en place une prise en charge efficace et bienveillante. Objectif, « offrir à l’enfant les moyens, le temps et la souplesse nécessaires à sa reconstruction et à son apaisement », rappelle l’association Phobie scolaire. Il est alors nécessaire de « s’adapter à son rythme sans vouloir lui imposer (celui des parents ou) celui des établissements ». Enfin, « le dialogue de ces trois entités (famille, école et thérapeutes) autour des besoins et de l’accompagnement de l’enfant, notamment au moment de la reprise en milieu scolaire, est le seul gage d’un retour progressif à une scolarité normale », assure l’association.

Conseils de Marcel Rufo sur la phobie scolaire

Le célèbre psychiatre Marcel Rufo donne son point de vue et son analyse de ce qui se joue dans la phobie scolaire. Comme souvent, la clarté et l’humanité de son propos aident à mieux penser ce qui fait souffrance dans ces situations.

Quand consulter ?

Lorsque l’anxiété prend toute la place dans la vie de l’enfant, il peut être important de demander conseil à un professionnel, notamment lorsque la peur entraîne une grande détresse chez l’enfant et est difficile à contrôler.

Pour Mandy Rossignol, professeure à l’université de Louvain, « la persistance de certaines peurs au-delà de l’âge où elles sont censées s’être étiolées doit éveiller le questionnement des parents. On peut par exemple s’interroger sur le caractère pathologique de l’anxiété d’un enfant de 9 ans qui éprouve une forte angoisse quand il doit quitter sa mère. De même, qu’un préadolescent de 12 ans reste profondément imprégné de la peur des chiens peut s’inscrire dans le cadre d’une phobie.

Si un enfant a peur de prendre le bus, mais se calme une fois qu’il est à son bord, il n’y a pas de véritable souci à se faire. En revanche, s’il ment, trouve mille prétextes pour éviter ce moyen de transport, ses parents doivent s’interroger. Est-il perturbé à l’idée d’un accident de la route ? Est-il maltraité dans le bus par d’autres enfants ? Lorsque l’anxiété revêt une composante d’évitement, il faut consulter sans attendre, d’autant que se dérober va renforcer la peur.
 »

Si vous pensez que votre enfant souffre d’une phobie et que vous habitez à Paris, Clamart ou en île de France, un psychologue de Psy-enfant peut vous recevoir (Paris XX) que ce soit pour des consultations avec votre enfant ou pour entamer un psychothérapie avec lui.

Si vous habitez hors de la région parisienne et que vous cherchez un psychologue ou un psychiatre près de chez vous, il existe différents annuaires de psychologues et de psychiatres, je vous conseille :

Pour trouver un psychologue : le site du syndicat national des psychologues.

Pour trouver un psychiatre : l’annuaire des psychiatres sur Ameli.

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