Dépression enfant

 Le dépression de l’enfant: définition

Une définition récente

Chez les enfants, la notion de dépression est assez récente. Et il a fallu attendre les années 70 pour qu’émerge une définition claire des symptômes de la dépression infantile.

En effet, on ne peut pas simplement transposer les symptômes de la dépression de l’adulte à ceux de la dépression infantile et on a peu à peu découvert que la dépression de l’enfant s’exprimait différemment. Les symptômes classiques de l’adulte (abattement, isolement, repli sur soi) sont bien moins souvent présents chez l’enfant et sont remplacés par des manifestations plus « bruyantes » (hyperactivité, irritabilité, voire agressivité).

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Dépression masquée chez l’enfant

La variété des manifestations de la dépression chez l’enfant est si grande qu’on parle souvent de « dépression masquée » ou d’ « équivalent dépressif » pour décrire ce syndrome.

Aujourd’hui, la notion de dépression infantile trouve un écho médiatique et théorique grandissant. Toutefois, comme le précise Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste, « elle reste plus difficile à diagnostiquer chez l’enfant que chez un adulte. Les symptômes sont difficiles à repérer : le fait qu’un enfant soit agité ou triste n’est pas forcément un signe de dépression. Chez les enfants plus que chez les adultes, le syndrome de la dépression masquée est très présent. »

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dépression enfant

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Comment distinguer tristesse normale et dépression infantile

 

S’il est important de repérer précocement les signes de la dépression chez l’enfant, il convient de ne pas s’alarmer à la moindre manifestation de tristesse ou de renferment. Les affects négatifs font partis de la vie et, suite à un événement de vie difficile (deuil, séparation, difficultés scolaires), il est normal qu’un enfant (comme un adulte) passe par une période de tristesse. Il est donc tout à fait sain qu’un enfant soit triste ou en colère quand il a des raisons d’être triste ou en colère.

Il convient donc de distinguer une tristesse liée à un événement et qui finit par passer d’une dévalorisation de soi ou d’une tristesse qui dure.

Pour distinguer tristesse et dépression, vous pouvez vous demander:

  • Est-ce que cela dure depuis longtemps ?

  • Est-ce que cela est lié à un événement extérieur ?

  • Est-il possible de parler de cette tristesse ou d’en être consolé ?

Ici, il est utile de penser la « normalité » (avec toutes les guillemets que cette notion nécessite) non pas comme l’absence de symptômes, de difficultés ou de souffrance mais comme la capacité de l’enfant à retrouver son « état habituel ».

Autre point, afin de savoir si vous devez vous inquiétez, il peut être utile de faire attention aux mots qu’utilise votre enfant. Dans la dépression, l’enfant va avoir tendance à exprimer :

  • Un manque d’intérêt et de plaisir ( « Je m’en fiche », « J’en ai rien à faire »)

  • Une dévalorisation (« Je sais rien faire », »Je suis nul »)

  • De l’impuissance (« J’y arrive pas », « Je comprends pas » etc.)

  • Un sentiment de culpabilité (« Je suis pas comme il faut », « C’est de ma faute »)

  • Le sentiment de ne pas être aimé (« de toute façon vous m’aimez pas », « tout le monde me trouve nul ») ou l’impression que la vie n’a pas de sens.

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La dépression infantile: un trouble fréquent

La dépression infantile est une maladie fréquente. En France, il existe peu de chiffres concernant la dépression chez les enfants, on estime toutefois que 2 % des enfants et entre 4 % et 8 % des adolescents souffriraient d’un épisode dépressif majeur (cf. Tremblay et al., Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants).

Chez l’enfant, la dépression est aussi fréquente chez les garçons que chez les filles, mais concerne d’abord les filles à l’adolescence (2x plus fréquente).

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Les principaux symptômes de la dépression chez l’enfant

Si, comme nous l’avons vu, certaines manifestations de la dépression sont différentes chez l’enfant, le « noyau dur » des symptômes dépressifs reste identique qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte :

  • Tristesse
  • Perte d’intérêt pour des activités auparavant plaisantes
  • Difficulté à se concentrer (diminution des résultats scolaires)
  • Pensées négatives
  • Troubles du sommeil (refus de se coucher, difficultés inhabituelle à s’endormir…)
  • Trouble de l’alimentation (perte de l’appétit chez l’enfant)

 

Toutefois, la dépression de l’enfant peut aussi s’exprimer par d’autres symptômes (on parle souvent de dépression masquée) :

  • Tendance au retrait, au repli sur soi, ou – au contraire – irritabilité, colère, agitation :Les deux tendances peuvent parfois alterner : l’enfant se met en colère à certains moments et, à d’autres, se repli sur lui-même.
  • Difficultés scolaires liée à un changement de comportement:bien souvent l’école va alerter les parents : l’enfant se renferme sur lui-même et a du mal à apprendre ou, au contraire, devient l’élément perturbateur de la classe.
  • Plaintes somatiques à répétition :maux de tête, maux de ventre à répétition. Il y a « toujours quelque chose qui ne va pas ».

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Facteurs de risque de dépression chez l’enfant

Il est difficile de savoir avec précision quels enfants ont le plus de risque de se déprimer. Les études actuelles ont distingué deux types de facteurs dont on pense qu’ils peuvent avoir une incidence sur la dépression :

Facteurs biomédicaux

  • Si l’enfant a déjà fait un épisode dépressif il a plus de chance d’en faire un deuxième
  • Antécédents parentaux ou familiaux de dépression
  • Certains types de maladie somatiques (diabète) ou psychiques (trouble anxieux, hyperactivité) sont associés à une fréquence plus importante d’épisodes dépressifs
  • Troubles de l’apprentissage

Facteurs psychosociaux

  • Conflits familiaux ou avec les camarades
  • Deuil récent
  • Difficultés ou échec scolaires
  • Discrimination ou exclusion sociale
  • Mauvaises relations entre la maison et l’école

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Pour aller plus loin

Un cours de Johanne Renaud, professeure à l’Institut Douglas au Canada, qui présente les différents aspects de la dépression chez les enfants (voir la suite de la vidéo ici)

 

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Consulter un psychologue sur Paris

Si vous pensez que votre enfant souffre de dépression, il peut être important de demander conseil à un professionnel.

Si vous habitez à Paris, Montreuil ou en île de France, je peux vous recevoir (Paris 20) que ce soit pour une consultation ou pour débuter un psychothérapie.