La résilience ou « l’enfant pissenlit ».

Cet article est issu d’un mémoire de fin d’étude d’éducateur spécialisé rédigé par Alexandra Joly. Il présente la place du concept de résilience dans le travail de l’éducateur.

Les enfants se retrouvant en foyer ont eu un parcours de vie souvent difficile, et ce, pour de multiples raisons. Ils ont pu parfois vivre des événements traumatisants ou angoissants. Les éducateurs doivent prendre en compte ce passé pour diriger leurs actions et relations éducatives.

Néanmoins, il ne faut pas se focaliser sur l’évènement traumatisant de l’enfant, car cela peut être très stigmatisant et serait ne pas prendre en compte la personne de façon inconditionnelle. « Quand les blessés de l’âme vivent dans une culture pétrifiée qui les juge d’un seul regard et n’en change plus, ils deviennent victimes une deuxième fois ».
La résilience est, me semble t-il, une des références essentielles du travail de l’éducateur. C’est-à-dire, faire en sorte que l’enfant continu à grandir, à se construire et s’inscrire socialement comme une personne lambda, malgré les traumatismes qu’il aurait pu vivre.
La résilience est le processus qui permet de résister à un traumatisme et/ou de se reconstruire après lui. (La résilience).
Les Norvégiens utilisent parfois l’expression loevetannbarn, « l’enfant pissenlit ». En effet, cette plante pousse partout, y compris dans des conditions extrêmes. Et par ses semences qui flottent dans l’air, elle symbolise bien l’effet positif que les résilients peuvent avoir sur leur entourage. Je trouve que cette métaphore convient très bien à Maya qui, malgré un vécu traumatisant, a d’une façon générale une joie de vivre et un regard positif sur la vie.

Facteurs de résilience:
Joseph Rouzel dans un de ses articles, critique le concept de résilience en avertissant qu’il ne s’agit pas d’une simple volonté personnelle ; qu’il suffirait de le vouloir pour s’en sortir.
Dans « le bonheur est toujours possible », J. Lecomte et S.Vanistendael expliquent bien que de nombreux facteurs externes sont nécessaires pour permettre la résilience : l’amour, l’amitié, l’humour, la découverte d’un sens à la vie, l’estime de soi, le projet, l’acceptation, nombreux sont les facteurs aidant à la résilience.
Toutefois, ce qui est valable pour l’un ne fonctionnera par pour l’autre. Ces deux auteurs reprennent certaines idées de Cyrulnik comme la nécessité d’une aide extérieure et notamment la rencontre avec un tiers, que Cyrulnik nommera « tuteur de résilience ». Ce dernier aidant pour que s’opère le travail de dépassement du traumatisme. De part sa mission, l’éducateur est tout désigné pour être investi par l’Autre comme possible tuteur de résilience. D’après, Lecomte, un des facteurs essentiels de la résilience est l’acceptation d’autrui qui peut se montrer par le temps que l’on accorde à la personne. « Donner du temps à l’autre c’est reconnaître qu’il existe, c’est lui accorder de l’importance, c’est finalement donner un peu de sa propre vie. ».

La résilience ou « l’enfant pissenlit ».
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