La crise d’adolescence

Mère en colère face à un ado

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Qu’est-ce la crise d’adolescence?

On parle de crise d’adolescence ou plus couramment de « crise d’ado » pour désigner l’ensemble des troubles (sautes d’humeur, attitudes de défi, opposition aux parents, comportements excessifs…) qui surviennent parfois lors de cette période de transition entre enfance et âge adulte.

Des comportements extrêmes parfois sur-médiatisés

Cette période peut être vécue par beaucoup de parents et d’adolescent comme une période de crise, anxiogène et difficile à surmonter. La « crise » adolescente peut se manifester par des comportements extrêmes : fugues, mise en danger (alcool, drogue, anorexie…), violence tournée vers les autres (délinquance, jeux dangereux) ou retournée contre soi-même (tentative de suicide). Ces comportements et leur sur-représentation médiatique sont très anxiogènes pour les familles mais ils sont loin d’être majoritaires. Tous les ados n’entrent pas « en crise », et le monde des médias a parfois tendance à confondre toute une classe d’âge avec des comportements extrêmes mais minoritaires.

Une période de régression

Le bouleversement corporel de l’adolescence est aussi intense que celui que connaît le petit enfant sur plusieurs années.

Pour les psychanalystes, cette période réactive les mouvements pulsionnels de la petite enfance. Affronter l’inconnu que représente la bascule dans un corps et un monde adulte s’accompagne souvent d’une régression, liée au besoin de retrouver la sécurité des modes de pensée enfantins face au sentiment de perdre ses repères. Mais ces mouvements régressifs ne sont pas toujours de tout repos et peuvent se traduire par des comportements d’opposition, un rapport difficile au corps ou à l’hygiène, une grande pudeur vis-à-vis du parent de sexe opposé ou une rivalité avec le parent du même sexe, etc…

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Un corps en pleine mutation

D’une manière plus générale, il peut être difficile pour les adolescents de s’approprier un corps en pleine mutation. On assiste au mieux à un surinvestissement corporel (l’adolescent passe des heures devant le miroir, donne une grande importance à son apparence et au regard que les autres posent sur lui) , au pire à des comportements auto-destructeur : anorexie-boulimie, scarification, piercing excessif, enivrement par consommation d’alcool ou de drogues… il s’agit alors bien souvent d’attaquer ce corps surinvesti mais si difficile à apprivoiser.

Au quotidien, beaucoup d’adolescents vont témoigner, par leurs comportements, de leur ambivalence vis-à-vis de leurs parents. Aux périodes de régression (besoin de tendresse, de câlins…) succéderont ainsi des attitudes d’opposition et de rejet, comme pour jouer le jeu de l’affirmation et de la différenciation au sein de la famille (finalement bien plus rassurante que le monde extérieur).

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Des chiffres préoccupants

En 2013, près de 15.000 jeunes français de 13 à 18 ans ont été interrogés par une équipe de l’Inserm (cf.Portraits d’adolescents. Enquête épidémiologique multicentrique en milieu scolaire en 2013. C. Jousselme, M. Cosquer et C. Hassler, Mars 2015), les résultats de cette étude nous en apprennent beaucoup sur la vie des adolescents du XXIème siècle.

Premier point, les ados s’interrogent fréquemment sur eux-mêmes et sur le monde qui les entoure, tout en portant un regard souvent pessimiste sur celui-ci. 38% pensent ainsi que la vie ne vaut pas d’être vécue. Des résultats qui peuvent inquiéter d’autant plus que, dans les moments difficiles, la majorité d’entre eux privilégie l’isolement et le repli sur soi à la recherche de soutiens extérieurs. 75% des filles et 57% des garçons déclarent préférer cette solution à écouter de la musique, voir des amis ou jouer aux jeux vidéos.

Cette tendance au repli peut même conduire, dans une minorité des cas, à des actes graves et désespérés. Chiffres extrêmement préoccupants, 7,8% des adolescents ont déjà tenter de se suicider et 9% se font souffrir “assez ou très souvent” (scarifications, brûlures…). La dépression concerne près de 20 % des adolescentes.

Autre point important, l’image que les adolescents ont de leur corps est souvent problématique. 40% des adolescents disent douter de leur image devant un miroir, ou se disent tristes lorsqu’ils s’observent. Chez les filles, comme les garçons, la partie du corps perçue le plus négativement est le ventre, suivi des cuisses, du nez et des seins.

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Crise ou changement ?

Pour Alain Braconnier (psychiatre spécialiste de l’adolescence, auteur notamment d’Adolescence et psychopathologie) l’idée de crise doit toutefois être relativisé. Pour lui, « la notion de crise est un peu passe-partout » En effet, seuls 10 à 15 % des jeunes est véritablement dans une détresse importante et la plupart des vont plutôt bien et n’auraient pas de raison d’aller consulter. « Mais, toujours selon A.Braconnier, il y a aussi un groupe intermédiaire, un peu sur le fil, et ceux-là sont probablement plus nombreux que par le passé. On ne peut pas dire qu’ils vont vraiment mal, on ne devrait pas être trop inquiets pour eux, mais on sent que leur équilibre peut se jouer à peu de chose ». (cf.le cercle psy)

La manière d’exprimer cette souffrance diffère chez les garçons et les filles

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      • Garçons : une tendance aux passages à l’acte

Les garçons vont plutôt avoir tendance à exprimer leur mal-être à travers des bagarres, des fugues, ou en séchant les cours. L’agressivité est donc généralement projetée vers l’extérieur plutôt que retournée contre soi et les tentatives de suicide sont ainsi moins fréquentes que chez les filles.

La consommation de drogues est un phénomène principalement masculin, de plus en plus répandu. En revanche, il faut souligner que, contrairement à une idée répandue, la consommation d’alcool n’a pas augmenté au cours de ces vingt dernières années. Selon Marie Choquet, psychologue et ancienne directrice de l’Inserm : “les jeunes aujourd’hui sont moins consommateurs que leurs parents. Aujourd’hui le seul mode de consommation qui persiste chez les jeunes c’est l’ivresse. Or la France reste l’un des pays d’Europe où le comportement d’ivresse est le moins répandu. C’est le regard de la société qui a évolué…”

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      • Filles : une violence retournée contre soi

Les manifestations de la souffrance psychiques chez les adolescentes ont beaucoup évolué au cours de ces vingt dernière années ; Comme l’explique le psychiatre Xavier Pommereau : “Il y a 20 ans, le trouble principal chez les jeunes filles était la crise de spasmophilie. Aujourd’hui cela a pratiquement disparu. A la place, on va retrouver d’autres troubles tels que l’automutilation”. En effet, chez les filles, le mal-être s’exprime avant tout par des passages à l’acte auto-agressifs et une plus forte tendance à la dépression.

Phénomène particulièrement inquiétant, les tentatives de suicide des adolescentes ont augmenté ces dernières années. Les troubles du comportement alimentaire (anorexie et boulimie) sont également les témoins d’une violence projetée vers son propre corps. Si pour les thérapeutes ces troubles sont de plus en plus fréquents, difficile de le vérifier d’un point de vue statistique. « Impossible de savoir si ces troubles progressent ou régressent, explique Marie Choquet, on n’a aucune donnée statistique ». En revanche les automutilations semblent être de plus en plus nombreuses chez les jeunes filles.

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Quand consulter ?

Les symptômes auxquels être vigilants

A partir de la puberté, de nombreux troubles psychologiques risquent de passer inaperçus. Trois grands types de signes d’appel indirects doivent éveiller l’attention des parents : les plaintes corporelles (maux de tête, maux de ventre, insomnies, manque d’envie, prise de poids rapide) ; les problèmes de comportement comme l’agitation (nervosité, agitation), le repli (apathie, tendance à se renfermer très fréquente, isolement) ou l’agressivité (transgressions, provocations, violence) et enfin les problèmes scolaires (baisse des notes, absentéisme, indiscipline).

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L’anxiété à l’adolescence

L’anxiété est l’une des émotions les plus fréquentes à l’adolescence. Elle peut prendre différentes formes d’intensité variables allant de l’inquiétude à l’attaque de panique en passant par l’angoisse chronique ou les phobies sociales.

Cette anxiété prend la plupart du temps des aspects détournés. Chez les fille l’anxiété s’exprimera par des angoisses autour des maladies ou du corps, tandis qu’elle s’exprimera plus souvent par des conduites à risques chez les garçons. On retrouve chez les garçons comme chez les filles un recours à des consommations à risque, tabac et médicaments plutôt chez les adolescentes, cannabis et alcool plutôt chez les adolescents.

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La dépression à l’adolescence

La dépression et un phénomène majeur à l’adolescence et il est parfois difficile d’en repérer les symptômes.

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Symptômes de la dépression chez les adolescents

  • Tristesse,manque de confiance dans l’avenir
  • Irritabilité, hostilité, colère
  • Fréquente envie de pleurer
  • Soudaine distance avec les amis ou la famille
  • Perte d’intérêt pour les activités habituelles
  • Changements dans l’alimentation et le rythme du sommeil
  • Sentiment de culpabilité, faible estime de soi
  • Perte de motivation et diminution de la joie de vivre
  • Fatigue ou manque d’énergie
  • Difficultés à se concentrer et à prendre des décisions
  • Pensées suicidaires ou liées à la mort

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Consulter sur Paris

Si vous êtes en difficulté avec votre fils ou votre fille, il peut être important de demander conseil à un professionnel.

Si vous habitez à Paris, Montreuil ou en île de France, je peux vous recevoir (Paris XXe) que ce soit pour une consultation [lien] ou pour entamer un psychothérapie.

Si vous habitez hors de la région parisienne et que vous cherchez un un psychologue ou un psychiatre près de chez vous, il existe différents annuaires de psy, je vous conseille :

Pour trouver un psychologue : le site du syndicat national des psychologues.

Pour trouver un psychiatre : l’annuaire des psychiatres sur Ameli.

N’hésitez pas également à consulter notre dossier « comment choisir un psy ».